Le consommateur indien
travaillereninde.com | 7 juin 2008Les grands livres de marketing, les théories, les matrices de Mckinsey, BCG et autres ne parlent qu’une chose : le consommateur, cette fameuse cible que toutes les marques convoitent en essayant de l’identifier, d’analyser, de toucher jusqu’à aller dans son inconscient.
Comme tous les autres, je traque ma cible : quelle age a t-elle? où habite t-elle? qu’aime t-elle faire? quels sont ses comportements….tel un psychopathe poursuivant sa victime, j’observe avant de passer à l’attaque.
Pourtant, je trouve que le consommateur indien est différent, voici quelques unes de mes réflexions sur le sujet.
1) Une population extrêmement hétérogène
Plus une population est segmentée, plus il est difficile de toucher le plus grand nombre. La particularité de l’Inde c’est que non seulement la population est divisée en plusieurs catégories mais en plus la segmentation est différente d’une région à l’autre. Un vrai casse-tête.
Le seul moyen de rassembler tout le monde, de toutes les religions, de toutes les castes et de toutes les régions c’est Bollywood et le cricket.
Conclusion : les marques de grandes consommation rament pas mal en Inde, leur objectif étant de toucher le plus grand nombre.
Pour ma part, je cible les riches sauf que 1/il y a plusieurs types de riches et 2/un riche à Bombay comparé à un riche à Delhi est totalement différent. Je reviendrai dessus dans un prochain post.
2) Un cible volage
Les Indiens ne sont pas fidèles, enfin pas pour les marques étrangères. Les Indiens sont en permanence séduits par des marques et plus que n’importe autre pays que j’ai pu voir. Mettez vous à leur place, ils n’ont que l’embarras du choix. En général, on est fidèle à une marque parcequ’elle nous a convaincu, parceque nous avons de la sympathie pour elle (cela devient de l’affectif).
Les Indiens sont très rationnels concernant leurs dépenses: ils en veulent pour leur argent. Ils sont très bons marchandeurs, très bons commerçants, ils savent comparer, évaluer la qualité. Il est difficile de leur mentir ou de les tromper. De façon général, j’ai l’impression que les Indiens n’achètent pas, ils investissent dans un bien (sur le moyen/long terme).
En ce qui me concerne, c’est la partie la plus dure, j’ai beaucoup de mal à trouver la formule magique pour fidéliser mon ami l’Indien.
3) Les Indiens sont patriotes
Gandhi le disait, mieux vaut tisser ses propres tenues plutôt que d’acheter des pantalons ou chemises anglaises. A choisir, les Indiens préfèrent acheter des marques indiennes : les montres Titan plutôt que les montres Guess, les sacs à main HideDesign plutôt que les sacs Louis Vuitton, les voitures Tata plutôt que les voitures Toyota ou Renault.
Il existe un énorme marché de marques locales. Allez acheter du savon et vous verrez la part des marques indiennes face aux marques internationales. A vu d’oeil, je pense bien que les marques locales représentent bien au delà de 50% des marques totales existantes en Inde.
Là encore, moi je suis une marque étrangère et je cible les gens qui, justement, choisissent de ne pas ou plus acheter de marques locales.







cet état des lieux m'inspire une question: est-ce que les
constance | 4 septembre 2009cet état des lieux m’inspire une question: est-ce que les indiens utilisent les plateformes communautaires type Facebook, Twitter, est-ce qu’ils tiennent des blogs? j’imagine que ça tient beaucoup à l’équipement des foyers de l’internet et de pc…
De ce que j’ai pu lire, l’Inde est le pays qui a connu le plus fort taux de croissance d’abonnement en téléphonie mobile et que le nombre d’internautes actifs ne cessait d’augmenter…
et donc là où je veux en venir c’est qu’en créant le contact avec vos clients (via une page pro facebook encore que, si la cible est le riche indien, ce sera pas le meilleur endroit pour lui parler…) vous pouvez rentrer dans leur discussion et en apprendre plus sur leurs attentes.
quand vous dites: “choisissent de ne pas ou plus acheter de marques locales”, pourquoi?
bon en tout cas, merci pour ces articles car depuis une heure que j’ai découvert le blog, je les engloutis les uns après les autres.
merci!